Réf. GPT — Maxxess Saint-Étienne
Un outil puissant que personne n'a utilisé
J'ai conçu un assistant IA capable de produire une stratégie de communication complète pour notre magasin. Il fonctionne. Personne ne s'en sert. C'est mon projet le plus instructif.
- Rôle
- Conception, réalisation, déploiement interne
- Contexte
- Maxxess Saint-Étienne — initiative personnelle
- Stack
- GPT personnalisé · Prompt engineering
- Statut
- Livré et fonctionnel — non adopté
Le contexte
Un magasin moto a besoin de communiquer : nouveautés, promotions, arrivages, conseils d'entretien. Dans les faits, personne n'a le temps. La communication se fait quand elle peut, sans plan, et s'arrête dès que l'atelier est chargé.
J'ai voulu régler le problème avec un assistant IA sur mesure, alimenté par le contexte réel de notre magasin.
Ce que l'outil produit
À partir d'une demande simple, il génère une chaîne complète :
- Une stratégie de communication pour les réseaux sociaux : angles, formats, calendrier de publication
- Les scripts des vidéos, prêts à être joués, adaptés au ton du magasin
- Le storyboard de tournage : quels plans filmer, dans quel ordre, avec quel cadrage
- La notice de montage de la vidéo, étape par étape
Autrement dit, quelqu'un qui n'a jamais fait de communication peut partir de zéro et sortir une vidéo publiable. C'est une chaîne de production complète, pas un générateur de textes.
Ce qui s'est passé
Rien. L'outil est en place, il fonctionne, il est accessible. Personne ne l'utilise.
J'aurais pu ne pas mettre ce projet sur ce site. Je le mets parce que c'est celui qui m'a le plus appris, et parce que le problème qu'il pose est exactement celui que rencontrent les éditeurs de logiciels avec leurs clients.
Pourquoi ça n'a pas pris
Personne ne l'avait demandé
J'ai identifié un besoin réel, mais je l'ai identifié seul. L'équipe ne vivait pas ce manque comme un problème à résoudre maintenant. Un outil qui répond à un besoin que personne n'a formulé reste un outil que personne n'ouvre.
Il n'y avait pas de destinataire nommé
« Le magasin » n'utilise pas un outil. Une personne l'utilise. Je n'avais désigné personne — donc c'était à tout le monde, donc à personne.
Il ne s'insérait dans aucune routine
L'outil demandait de créer un nouveau moment dans la semaine : s'asseoir, réfléchir à sa communication, lancer une production. Ce moment n'existait pas dans le rythme d'un magasin. Un outil qui exige qu'on invente une habitude autour de lui perd contre le quotidien.
J'ai livré au lieu d'accompagner
C'est le point central. J'ai considéré que mon travail s'arrêtait à la mise à disposition. Or la mise à disposition, c'est le début : sans démonstration, sans premier usage accompagné, sans quelqu'un à qui poser une question bête, la puissance de l'outil ne sert à rien. Elle intimide, même.
Ce que j'en retiens : l'adoption n'est pas une conséquence de la qualité du produit. C'est un travail à part entière, qui commence là où la construction s'arrête. Un outil moyen que quelqu'un accompagne bat un outil excellent qu'on laisse en libre-service.
Ce que je referais autrement
- Partir d'une personne, pas d'un besoin. Identifier qui va s'en servir, avant d'écrire la première ligne.
- Réduire le périmètre. Un outil qui fait quatre choses est quatre fois plus difficile à faire adopter qu'un outil qui en fait une. J'aurais dû livrer les scripts vidéo seuls, et n'ajouter le reste qu'une fois l'habitude prise.
- Accompagner le premier usage. S'asseoir à côté, produire ensemble la première vidéo, régler les frictions sur le moment.
- Mesurer. Je n'avais aucun indicateur d'usage. Je n'ai découvert l'absence d'adoption qu'en la constatant.
Ce sont, mot pour mot, les mécanismes de l'onboarding logiciel. Je les ai appris sur mon propre produit, du mauvais côté.
Contact
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- joris-pascal
- Zone
- Bassin stéphanois, Haute-Loire —